Pollution: des activistes du monde entier lancent un appel à Nairobi

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Crédits: Reuters / Noor Khamis

La troisième assemblée du programme des Nations unies pour l’environnement (UNEP) a débuté lundi 4 décembre à Nairobi. Elle rassemble pendant trois jours des centaines de chefs d’Etats, ministres, hommes d’affaires et membres de la société civile, pour travailler sur des solutions pour combattre la pollution. Selon l’ONU, la dégradation de l’environnement tue plus de 12 millions de personnes chaque année. Et pour la première journée, des activistes venus du monde entier ont lancé un appel pour une prise de position forte de l’assemblée.

En moyenne, quatre activistes environnementaux sont assassinés chaque semaine dans le monde. Souvent, ils se battent pour la préservation de leurs terres et la santé de leur communauté contre les intérêts de grandes entreprises, ou des gouvernements.

Phyllis Omido, qu’on appelle l’«Erin Brockovich d’Afrique de l’Est», a obtenu en 2014 la fermeture d’une usine responsable de l’intoxication au plomb de sa communauté sur la côte kényane. « Il y a 3 000 personnes dans notre communauté. 90% d’entre elles ont été testées positives à l’intoxication au plomb. Nous avons perdu 200 enfants et 80 adultes, rappelle-t-elle. On ne peut pas détruire l’environnement et revendiquer des bénéfices économiques pour le pays. »

Pour mettre fin à ces tragédies, l’UNEP prône l’action collective. « Nous devons faire appliquer les lois, nous devons aussi mettre en place des mécanismes judiciaires efficaces, et puis nous devons laisser la place à la participation des communautés dans les prises de décisions », estime Laetitia Zobel, experte des Nations unies.

L’assemblée n’a pas le pouvoir de voter des lois ni de les faire appliquer, mais elle a vocation à susciter une prise de conscience générale, et explorer des moyens de lutter contre la pollution.

Les participants travaillent sur une douzaine de résolutions, principalement sur la limitation de la pollution de l’air, sur la réduction des dégradations générées par les conflits armés, sur l’interdiction du plomb dans les peintures et la limitation des plastiques. « Nos océans se remplissent de déchets si rapidement que d’ici 2050 il y aura plus de plastique que de poissons dans les mers », prévient le PNUE dans un communiqué.

Quant aux peintures au plomb, leur interdiction, si elle était actée, « serait une étape majeure contre un risque qui nuit chaque année au développement neurologique de 600’000 enfants », ajoute le PNUE.

« Nous devons avoir raison de la pollution avant qu’elle ait raison de nous », appelle le directeur du PNUE, Erik Solheim. « Cela signifie pouvoir respirer dans nos villes, éloigner les produits chimiques dangereux de la chaîne alimentaire, et éviter que nos océans se transforment en soupes de plastique ».

Source: RFI, swissinfo.ch

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