Des conséquences pour le Québec
Alors que nous subissons aujourd’hui une crise économique importante, plusieurs indices nous indiquent qu’il faut aussi nous préparer à vivre une crise énergétique si nous ne réagissons pas dès maintenant : diminution de la disponibilité et augmentation du prix des énergies fossiles (surtout du pétrole), balance commerciale énergétique plongeante, changements climatiques et pollution de l’air consécutifs aux émissions de gaz à effet de serre, etc. Ce dossier veut montrer que le Québec peut réduire significativement sa consommation de pétrole et augmenter son efficacité énergétique tout en orientant son modèle autour des piliers du développement durable.
Le prix du baril de pétrole est très instable à l'approche de son pic de production. Notre dépendance vis-à-vis de ces énergies fossiles non renouvelables va croissante alors que leurs prix montent et font plonger notre balance commerciale. Le seul déficit pour l’année 2008 en ce qui concerne le pétrole brut ainsi que ses produits dérivés a atteint environ 18 milliards $ pour le Québec.
Nous sommes dépendants à plus de 50 % de cette énergie qui en outre participe au réchauffement climatique. Des experts prévoient enfin une hausse de la demande d'énergie mondiale de 50 % d'ici à 2030. Notre modèle d’aménagement du territoire est beaucoup trop centré autour du pétrole et les conséquences négatives sont nombreuses : pollution de l’air, manque d’efficacité énergétique, absence de mobilité active et durable, manque d'infrastructures pour le transport en commun, etc.
Quels sont donc plus précisément les enjeux? Quelles énergies vont être à promouvoir? Comment mobiliser la société québécoise et la préparer à de tels changements?
Mais aussi des opportunités
Le territoire que nous offre le Québec est riche en ressources en raison de sa superficie. Nous possédons ainsi un potentiel énergétique gigantesque, que ce soit au niveau hydroélectrique, hydraulique, éolien, solaire, et avec la biomasse.
Avec ses installations hydrauliques majoritairement (38,16 %), le Québec recense sur son territoire 47,09 % d’énergies renouvelables, ce qui est déjà considérable. La biomasse y ayant une importance particulière puisque représentant 8,85 % de l’énergie consommée. En développant ces dernières et en s’ouvrant à d’autres énergies propres, il est possible de substituer une grande part des énergies fossiles très rapidement et de présenter le Québec comme leader dans les énergies vertes.
La proposition d’une démarche mobilisatrice, novatrice et rassembleuse
Afin de pouvoir se préparer à des changements si importants, il est indispensable que ce projet soit mené par toutes les parties prenantes qui participent au développement de la société québécoise. Car c’est uniquement par une approche inclusive et par les consensus que nous parviendrons à obtenir des résultats convaincants, fiables, crédibles et transposables en propositions qui se matérialiseront par des prises de décisions et des actions concrètes.
Par ailleurs, puisque le Québec est formé d'un territoire vaste et diversifié, nous devons construire une démarche basée sur les particularités de chaque région composant notre province. Une consultation régionale est donc indispensable, afin de dégager les solutions adaptées à chaque territoire. Des comités régionaux doivent être ainsi créés pour donner la parole à toutes les parties prenantes et à tous les citoyens québécois. Ceci pour finalement amener à des positions communes au niveau national. De là, les décideurs publiques seront incités à s’engager politiquement et à ainsi engendrer des changements.
Le Québec a les cartes en main pour faire face au défi énergétique qui se profile à l’horizon. À nous de prendre les devants et de nous mobiliser pour former ensemble, un nouveau modèle de société.
Source : Les Rendez-vous de l'énergie
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