Carton rouge pour Renault sur le cobalt et les droits de l’Homme en RDC

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Crédits: Renault Presse

Renault est le plus mal classé des constructeurs automobiles étudiés par Amnesty International dans son rapport sur le cobalt « Ces enfants qui travaillent pour nos batteries », à l’exception du chinois BYD, classé parmi les fabricants de batteries. Parmi les 27 industriels figurant dans ce rapport, Samsung et Apple sont les mieux notés.

Amnesty International a étudié les efforts réalisés par 27 industriels pour s’assurer que le cobalt qu’ils utilisent dans leurs batteries est extrait dans le respect des droits de l’Homme. Selon leur niveau d’implémentation de ce devoir de vigilance sur leur chaîne d’approvisionnement, ils sont notés sur cinq critères sur une échelle allant de « aucune action mise en œuvre » à « adéquat » dans un rapport intitulé « Ces enfants qui travaillent pour nos batteries » rendu public le 15 novembre.

Apple et Samsung en tête, Renault parmi les derniers

Si Apple et Samsung s’en sortent avec les honneurs (trois « adéquat » et deux « modéré »), ce n’est pas le cas du seul français de la liste. Tous secteurs confondus, le constructeur automobile Renault figure parmi les derniers, avec deux « aucune action » et trois « minimal » (l’avant-dernier niveau).

Parmi les sept constructeurs automobiles proposant des modèles électriques étudiés par Amnesty – BMWDaimler, Fiat-Chrysler, General Motors, Renault, Tesla et Volkswagen -, le français se retrouve bon dernier, aucun des autres n’ayant reçu de mention « aucune action mise en œuvre ».

Le chinois BYD, constructeur du véhicule électrique le plus vendu au monde en 2015 et 2016 (avec 13% de parts de marché), affiche un score plus bas encore mais il est classé dans les fabricants de batteries (premier mondial également), son activité de construction automobile n’étant qu’une diversification. BMW est classé premier pour sa vigilance, suivi par Tesla.

Le cobalt est l’un des métaux critiques indispensables à la production de batteries électriques. Plus de 50% de la production est extraite en République démocratique du Congo, où « le gouvernement reconnaît lui-même que 20% du cobalt exporté provient de mines artisanales », rappelle Amnesty International en préambule de son rapport.

Une réévaluation deux ans après « Ce pour quoi nous mourons »

En janvier 2016, l’ONG avait publié un premier rapport intitulé « Voilà pourquoi on meurt: les atteintes aux droits humain en République démocratique du Congo alimentent le commerce mondial du cobalt »qui dévoilait les conditions de travail des creuseurs congolais, parmi lesquels de nombreux enfants. Les 25 groupes mondiaux cités dans ce rapport car susceptibles de s’approvisionner directement ou indirectement auprès de la compagnie minière chinoise Zhejiang Huayou Cobalt ou sa filiale congolaise Congo Dongfang International Mining avaient tous failli dans leur vigilance sur les conditions d’extraction du cobalt.

Deux ans plus tard, Amnesty International a voulu mesurer l’amélioration des pratiques de ces groupes (Huayou Cobalt et ses clients potentiels), tous contactés après la parution du premier rapport. Apple, HP, BMW et Tesla ressortent comme les plus vigilantes sur leur chaîne d’approvisionnement en cobalt. LG Chem et Samsung, qui partaient de très loin, se sont nettement améliorées. Mais « la majorité des entreprises contactées restent largement dans le flou concernant leurs relations avec Huayou Cobalt ou le cobalt congolais », affirme Amnesty, « alors que plus aucune d’entre elles ne peut plaider l’ignorance des risques sur les droits humains associés au cobalt congolais ».

Un carton rouge pour non respect des engagements pris et pour un manque de transparence

Renault n’était pas cité dans le rapport de 2016. Néanmoins contacté par Amnesty en décembre 2016, Renault répondait avoir demandé à LG Chem d’enquêter sur sa chaîne d’approvisionnement en cobalt et être arrivé à la conclusion « qu’il n’y avait pas de lien entre le cobalt utilisé pour produire les batteries des véhicules électriques Renault et celui issu des mines citées dans le premier rapport de l’ONG ».

Le groupe est membre de la Responsible Raw Materials Initiative (RRMI). En tant que membre de l’alliance Renault-Nissan Mitsubishi, le constructeur s’est également engagé à « respecter les lois sur l’approvisionnement responsable en minerais et à appliquer son devoir de vigilance sur les minerais de conflit, ainsi qu’à informer de l’impact social ou environnemental des matières utilisées dans ses pièces et matériaux. En cas de soupçon ou de confirmation d’un tel impact, il s’engage à identifier et déployer les actions nécessaires à un approvisionnement alternatif ou à remédier au risque. » Un engagement qu’Amnesty l’accuse de ne pas respecter, notamment en refusant de rendre publiques les informations sur ses fournisseurs de cobalt et leurs efforts de mitigation de ces risques. Contacté par l’Usine Nouvelle, Renault n’a pas apporté de réponse à nos questions à l’heure où nous publions.

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Source: L’Usine Nouvelle. 

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