Les 10 plus longues rivières sauvages du Canada identifiées pour la première fois

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Confluent du fleuve Mackenzie et de la rivière Liard, près de Fort Simpson, Territoires du Nord-Ouest, Canada. Crédits: Tessa MacIntosh

Le WWF-Canada a entrepris une évaluation complète et systématique afin d’identifier quelles rivières canadiennes peuvent être considérées comme sauvages, sur la base d’un ensemble de critères reconnus tant à l’échelle nationale qu’internationale, comprenant la pollution, la perte et la fragmentation d’habitats, la sur-utilisation de l’eau, les espèces envahissantes, les changements climatiques et l’altération des débits.

Il est peut-être difficile d’imaginer à quoi ressemble une rivière sauvage lorsque l’on habite dans le sud du Canada. Ces rivières qui coulent sur des centaines, voire des kilomètres, sans être entravées par des barrages et relativement inchangées par rapport à leur état d’origine. Difficile d’imaginer l’esturgeon jaune qui circule dans les routes préhistoriques de ces anciennes autoroutes, le saumon qui retourne frayer après sept ans dans la mer, les milliers de caribous qui traversent le même tronçon de rivière lors de leur migration annuelle ou même les familles qui, de génération en génération, pêchent au même endroit chaque année.

Bien qu’il soit difficile de se les représenter, elles existent bel et bien. Elles sont précieuses et irremplaçables. Et nous avons identifié, pour la toute première fois, les rivières les plus longues au pays, afin d’attirer l’attention sur ce don de la nature, unique au monde, et sur la nécessité de mettre en place de meilleures protections pour nos bassins versants.

Grizzlis près de la rivière Horton. Crédits: Canoe North Adventures

Voici les 10 plus longues rivières du Canada :

  1. La rivière Liard, qui chevauche le Yukon, la Colombie-Britannique (C.-B.) et les Territoires du Nord-Ouest (T.N.-O.) est la plus longue rivière sauvage au Canada avec ses 1 200 km.
  2. La rivière Dubawnt, qui parcoure le Nunavut et les T.N.-O., abrite des troupeaux de caribous toundriques menacés.
  3. La rivière Thelon (Nunavut et T.N.-O.) est un écosystème connu sous l’appellation d’oasis arctique, parce qu’il abrite des espèces aussi bien arctiques que boréales.
  4. La rivière Kazan (T.N.-O.) joue un rôle important dans la migration du troupeau de caribou de Kaminuriak.
  5. La rivière Horton (T.N.-O.) abrite la truite grise et l’omble chevalier, deux espèces importantes pour les communautés locales.
  6. La rivière Anderson (T.N.-O.) abrite les populations de grizzlis et de caribous.
  7. La rivière Taltson (T.N.-O.) abrite le bison des bois et le cygne siffleur.
  8. La rivière Stikine (C.-B.) abrite le saumon quinnat.
  9. La rivière Ekwan en Ontario abrite une population d’esturgeon jaune qui est sur la liste des espèces préoccupantes.
  10. La rivière Birch en Alberta coule à travers le parc national Wood Buffalo, une région où se trouve le plus grand troupeau libre de bisons au monde.

Ces rivières sauvages du Canada sont l’équivalent des réserves naturelles pour une riche diversité d’espèces. Elles permettent aux nutriments et aux espèces de circuler librement d’un bout à l’autre, fournissant la nourriture pour les espèces et communautés. Ces rivières sont essentielles pour les communautés aussi, et pas seulement en tant que source alimentaire, mais comme moteur de l’économie locale et pour certaines, une source de bien-être spirituel et culturel. Aujourd’hui, dans cette ère géologique qu’est l’Anthropocène, alors que les changements climatiques provoquent la migration d’espèces à la recherche de nourriture en quantité suffisante et de températures adéquates, ces rivières sauvages jouent un nouveau rôle vital.

Malgré leur valeur écologique et le soutien qu’elles apportent aux économies et communautés locales, la situation chaotique actuelle au niveau des programmes de surveillance provinciaux et territoriaux, et leur absence au niveau fédéral, laissent les rivières sauvages vulnérables face au développement qui ne se préoccupe aucunement du débit et de la santé des rivières. Les communautés se retrouvent bien souvent devant un manque de données de référence concernant la santé des rivières et les pressions que subissent les bassins versants qui font en sorte qu’elles sont incapables de prendre des décisions concrètes en lien avec les propositions de développement.

Nous ne souhaitons certainement pas la détérioration de nos majestueuses rivières, véritables trésors nationaux. Nous voulons qu’elles demeurent sauvages, qu’elles continuent d’être des refuges, « autoroutes » et sources d’alimentation, de valeurs économiques et culturelles.

En savoir plus sur les 10 plus longues rivières sauvages du Canada.

Source: Blogue WWF Canada. Auteur: Elizabeth Hendriks

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