Comment une marée noire est passée presque inaperçue

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Une mini-marée noire s’est produite dans le Golfe du Mexique en octobre 2017, mais elle a à peine fait parler d’elle, et pour cause : grâce à une auto-régulation naturelle, elle n’a causé que de faibles dégâts environnementaux.

Si vous n’avez pas entendu parler de la marée noire qui s’est produite dans le Golfe du Mexique le 12 octobre 2017, c’est normal : LLOG Exploration, la société exploitant le pétrole dans cette région, n’a pas communiqué à ce sujet, si ce n’est la publication d’un lien vers l’article du New York Times, le journal qui a révélé l’anomalie.

LLOG Exploration : 16.000 barils de pétrole se seraient écoulés

Selon le New York Times, le 12 octobre 2017, les ingénieurs de LLOG Exploration se sont aperçus que la quantité de pétrole à la sortie des installations de production au sud-est de Venice, à 100 km de la Nouvelle-Orléans, était inférieure à celle sortant de ses puits. Conclusion logique : il y a sûrement une déperdition, et donc un écoulement quelque part. Mais cette fois, mystère : l’observation par satellite ne faisait pas état de pétrole flottant à la surface de l’océan et l’analyse chimique de l’eau ne permettait pas de constater de concentration anormale de molécules de pétrole non plus.

La quantité de pétrole déversée était initialement estimée entre 7.950 et 9.350 barils, mais l’estimation a par la suite été revue à 16.000 barils. En sachant que la production quotidienne de LLOG Exploration oscille autour de 145 millions de barils, 16.000 barils perdus au cours d’un mois n’est pas énorme. Et avec une si petite quantité, il est surtout difficile de localiser le lieu de l’écoulement.

Les fuites de pétrole, un processus naturel

Selon un spécialiste interrogé par le New York Times, le meilleur moyen de comprendre ce qui s’est passé dans le Golfe du Mexique en octobre 2017 est de faire l’analogie avec ce qui se passe lorsqu’une canette d’une boisson gazeuse est percée par une aiguille très fine : des gouttes sortent petit à petit de la canette, mais ce n’est pas une fontaine jaillissante ni une explosion.

À partir du moment où la quantité de fuite de pétrole est faible, des processus de neutralisation naturels gèrent très bien le phénomène. Des bactéries naturellement présentes dans l’océan se nourrissent de pétrole. Le fait de s’alimenter leur procure des forces et les pousse à se reproduire, créant de nouvelles bactéries de même type et permettant donc d’absorber encore plus de pétrole.

Même en l’absence d’installations pétrolières créées par l’homme, des fuites naturelles de ce type ont lieu (75 à 190 millions de litres par an). Le pétrole contenu sous le fond de l’océan remonte petit à petit à la surface, mais est rapidement consommé par les micro-organismes. Et lorsque des molécules de pétrole remontent à la surface, elles se dégradent rapidement sous l’effet du soleil, du vent et des vagues.

Marée noire dans le Golfe du Mexique : une enquête a été ouverte

Bien que sans gravité, une fuite de pétrole aussi importante n’a pas été constatée dans le Golfe du Mexique depuis la catastrophe de Deepwater Horizon en avril 2010, lorsque 4 millions de barils de pétrole se sont déversés au cours des trois mois que BP, la société gestionnaire de la plateforme, a mis pour localiser et boucher le trou.

La BSEE, le régulateur américain de l’extraction d’hydrocarbures, a ouvert une enquête pour savoir exactement ce qui s’est passé. Cinq spécialistes, dont des inspecteurs, des ingénieurs et des enquêteurs spécialisés dans les catastrophes technologiques, sont en train d’étudier ce qui s’est passé et devraient émettre des recommandations pour qu’un pareil accident ne se reproduise plus.

Source: consoGlobe. Auteur: Anton Kunin

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