Portrait 2016 de la finance responsable

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Les actifs de la finance socialement responsable (FSR) n’ont cessé de progresser depuis 2010. Même après le recul important des actifs totaux en 2010, dans la foulée de la crise financière de 2008-2009, les montants investis en FSR sont passés, en 10 ans, de 198 G$ à 457 G$, soit une augmentation de 131 %.

Placement responsable

Le total brut des placements responsables au Québec atteignait en 2016 quelque 452 G$. En soustrayant les montants comptés en double, on peut fixer le total des placements responsables québécois à quelque 443 G$. Cela représente une croissance de 61 % des placements responsables depuis 2013, alors qu’ils se situaient à 275 G$. Entre 2010 et 2013, la croissance avait été de l’ordre de 70 %.

Les 443 G$ en placements responsables représentent 49 % des 908,8 G$ d’actifs totaux québécois. En 2013, les placements responsables représentaient 33 % des actifs totaux en gestion au Québec.

La composition des actifs du placement responsable n’est pas très différente de ce que l’on retrouve au Canada en entier. Des 378,4 G$ d’actifs responsables dont nous avons réussi à identifier la composition au Québec, 46,6 % étaient composés d’actions, comparativement à 40 % pour l’ensemble du Canada. La part des investissements en immobilier est légèrement supérieure au Canada (11 % contre 9,6 % au Québec), alors que les infrastructures représentent une plus grande part des actifs au Québec (4,4 % contre 3 % au Canada).

La Caisse de dépôt de placement du Québec (CDPQ ou Caisse) pèse encore très lourd dans les actifs responsables québécois, malgré que sa contribution soit en diminution relative. Avec 270,7 G$ d’actifs, la Caisse représente dans ce 4e portrait 61 % de tous les actifs en placements responsables au Québec. En 2006, la Caisse représentait 73,9 % des actifs évalués comme responsables. En 2010, la part de la Caisse représentait 71,2 % tandis qu’elle s’élevait à 72,9 % dans notre précédente édition de 2013.

Investissement responsable

Globalement, les actifs et les investissements de l’investissement responsable au Québec ont progressé rapidement depuis notre dernier portrait en 2013, passant de quelque 11,1 G$ à 14 G$, soit une hausse de 26 %. La composante de la finance solidaire a pour sa part augmenté de 32 % entre 2013 et 2016, passant de 617 M$ à 812 M$. Le capital de développement investi est passé de 10,5 G à 13,2 G$, soit une hausse de 26 %.
Le développement local et régional demeure, et de loin, la préoccupation principale de nos répondants, qu’ils soient issus du domaine du capital de développement ou de la finance solidaire.

L’intervention en entreprise se fait en général aux mêmes stades pour les deux composantes, surtout aux stades de démarrage, d’expansion et de consolidation. La finance solidaire intervient plus que le capital de développement en phase de prédémarrage, mais le capital de développement est plus mobilisé que la finance solidaire dans une situation de redressement.

Les entreprises financées sont en général dans les mêmes catégories. Les microentreprises, les coopératives et les organismes à but non lucratif (OBNL) sont les trois types d’entreprises les plus susceptibles d’obtenir de l’aide autant de la composante finance solidaire que celle du capital de développement. Les petites et moyennes entreprises (PME) sont de leur côté davantage délaissées par les organisations de la finance solidaire tandis que les grandes entreprises sont très peu susceptibles d’être aidées par l’une ou l’autre des composantes de l’investissement responsable.

Du côté des formes de financement, on constate que les prêts garantis font partie, pour les deux composantes, des formes de financement les plus généralement offertes par les répondants. Cela dit, en pratique, le secteur de la finance solidaire est davantage porté à réaliser des prêts non garantis, tandis que le secteur du capital de développement fait un plus grand usage des prêts participatifs.

Nous avons identifié les secteurs d’intervention (SCIAN) pour une partie significative des investissements. Le capital de développement est dirigé surtout vers la fabrication (plus de 45,5 %) tandis que ce secteur n’occupe que 1,5 % du financement de la finance solidaire. Le secteur du logement occupe 56,1 % du financement de la finance solidaire tandis qu’il n’engage que 1,9 % des ressources en capital de développement.

Le portrait dans son intégralité est disponible en ligne 

Source: L’Aut’Journal. Auteur: IREC

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